ANNE ROUMANOFF – Valls & Fillon

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Georges Loinger, l’Alsacien passeur d’enfants

Originaire de Strasbourg, Georges Loinger en a fait autant vers la Suisse, avec le maire d’Annemasse, Jean Deffaugt, et l’aide de cheminots.Biographie : Né de parents juifs commerçants à Strasbourg en 1910, alors que l’Alsace restera allemande jusqu’en 1918, Georges Loinger est en partie élevé par la mère du futur mime Marceau, Anna Mangel, son père étant mobilisé dans l’armée autrichienne pendant la première guerre mondiale. Adolescent sportif, il est fortement marqué par ses activités au sein d’Hatikvah (« espoir », en hébreu), un mouvement de jeunesse semblable à celui des scouts, et d’inspiration sioniste. Il y rencontre Flore, qu’il épouse en 1934, et y côtoie de nombreux juifs allemands bien informés de l’évolution du IIIe Reich. Au cours de ses études d’ingénieur à Strasbourg, il se lie avec le docteur Joseph Weill, « un des hommes les plus cultivés de France », convaincu de la nécessité de se préparer à résister aux persécutions nazies qu’il entrevoit. Sur ses conseils, Georges devient professeur d’éducation physique à Paris, puis au lycée Maimonide de Boulogne-Billancourt, dont il est aussi le directeur adjoint. Il rencontre la baronne de Rothschild, qui confie à Flore, dans son château de Lagny, près de Paris, le soin de 123 enfants de juifs allemands, éloignés du Reich en 1938. Georges, lui, est mobilisé en Alsace en 1939, puis fait prisonnier et envoyé dans un camp en Bavière. Inquiet des nouvelles venues de France, il s’évade. Il rejoint sa femme et les enfants qu’elle protège, emmenés dans un ancien hôtel de La Bourboule, près de Clermont-Ferrand. En liaison avec le docteur Weill, devenu l’un des dirigeants de l’OSE (Œuvre de secours aux enfants juifs), Georges s’occupe de disperser ces enfants dans la Creuse. Quand, en 1942, les Allemands occupent la zone sud, il est chargé par l’OSE de créer une filière vers la Suisse. Avec le soutien actif du maire d’Annemasse, Jean Deffaugt, de cheminots locaux et du Joint, organisation américaine juive de secours, il évacue plusieurs centaines d’enfants, dont les deux siens, en terre helvétique. Après la Libération, il participe à l’organisation de l’immigration clandestine de juifs en Palestine, Exodus compris. Il crée à Paris la filiale d’une compagnie maritime israélienne, qu’il dirige jusqu’à sa retraite. Président de l’Association des anciens déportés de la résistance juive en France, Georges Loinger a coordonné, avec Jean Brauman et Frida Wattenberg, un recueil de plus de 500 témoignages, intitulé Organisation juive de combat – Résistance/sauvetage en France, 1940-1945 (Editions Autrement, 2002). CONTINUER À LIRE

Témoignage : Denise Siekrski, le colibri de Marseille

Grâce à son culot et sa malice, Denise Siekrski, alias « Colibri », a contribué à sauver des centaines d’enfants juifs à Marseille, puis à Nice et à Saint-Etienne. Témoignage recueilli en mai 1998 à Jérusalem pour la Survivors of the Shoah Visual History Foundation. Biographie :Denise Caraco est née à Marseille, en 1924, dans une famille qui avait « adopté la civilisation française comme religion ». Elle entre à 10 ans chez les Eclaireurs israélites de France (EIF). Devenue cheftaine scout, on lui demande, en 1941, de fonder une unité pour aider les réfugiés juifs, qui affluent en zone libre. Elle commence alors à cacher des enfants en lieu sûr. Lorsque les Allemands envahissent la zone sud et occupent Marseille, fin 1942, Denise, alias « Colibri », entre pleinement dans la clandestinité, au service de Théo Klein, membre du réseau La Sixième. Hôpitaux, hôtels, couvents, internats, fermes : tout est bon pour « planquer » des juifs. Des environs de Marseille à la Suisse, Denise voyage sans cesse, fabrique et fournit des faux papiers à ceux qu’elle aide. Elle ne devra sa survie qu’à son culot, son intelligence et sa malice, en dépit des dénonciations d’un juif vendu à la Gestapo. Après les premières rafles à Marseille, en janvier 1943, Denise part à Nice et rejoint un autre réseau de La Sixième, le service André (de Joseph Bass), qui met en place, avec le pasteur André Trocmé, une filière pour les enfants vers Le Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), où il crée un maquis, avec l’Armée juive.  Dès l’entrée des Allemands à Nice, Denise Charlier (son nom d’emprunt d’alors) part pour les environs de Saint-Etienne, où, sans arrêter ses déplacements et ses activités, elle reste basée jusqu’à la libération. Partie à Paris pour étudier, elle y rencontre son mari, qui la convainc sans peine de partir pour Jérusalem, en 1948 : « Je m’étais promis que si je sortais vivante de la guerre, je consacrerais quelques années de ma vie à Israël. » Les Siekrski reviennent en France en 1954, avant de partir, cinq ans plus tard, au Brésil. En 1978, ils retournent en Israël. Elle y décide de raconter son histoire « pour contrer les négationnistes ». Elle prend en main, à partir de 1985, les dossiers des Justes de France pour l’institut Yad Vachem de Jérusalem. CONTINUER À LIRE

Témoignage : Otto Klein, l’un des jumeaux cobayes du docteur Mengele

Josef Mengele mena à Auschwitz de cruelles « expériences » sur des jumeaux, visant à confirmer l’idéologie raciste nazie. Jeunes déportés hongrois, Otto Klein et son frère ont été « sauvés » du pire par l’avancée des troupes russes.Témoignage recueilli en octobre 1996 pour la Survivors of the Shoah Visual History Foundation.Biographie : Avec son frère jumeau, Otto Klein naît en 1932 à Hajdubeöszörmény (Hongrie), où leur père est entrepreneur. En mars 1944, après l’entrée des troupes allemandes en Hongrie, la famille doit rejoindre le ghetto juif de la ville. Déporté à Auschwitz, installé dans le « bloc des jumeaux », Otto Klein devient, avec son frère, l’objet des « expériences » du docteur Mengele, destinées à « confirmer » l’idéologie raciste nazie. Ils  subissent divers examens chaque semaine et quelques « expériences » : des gouttes introduites dans leurs yeux les rendent aveugles durant plusieurs jours. Leur statut de cobaye leur permet toutefois d’être mieux nourris que les autres déportés et dispensés de travail. Bientôt, le médecin-chef d’Auschwitz est empêché, par l’avance russe, de mener plus loin ses investigations pseudo-scientifiques. Les frères Klein s’en sortent sans grave séquelle apparente. A leur retour en Hongrie, dans la famille de leur mère, les jumeaux sont les premiers à évoquer l’existence des chambres à gaz dans leur ville. Ils apprennent que leur sœur a survécu aux camps, contrairement à leurs parents. Atteint par la tuberculose, Otto Klein est soigné en Suisse, où il s’installe et devient horloger. Son frère jumeau s’exile aux Etats-Unis. CONTINUER À LIRE